Ce n'est pas une simple question de sémantique. Le haras national n'est pas encore "de" Saint-Lô. Il se
situe pour l'instant "à" Saint-Lô.
L'établissement saint lois du haras national, on ne sait pas s'il va fermer dans six mois, un an, trois ou cinq
ans... mais ce qu'on pressent c'est que ce machin hérité d'un autre âge, à l'époque où la production de bons chevaux était cruciale à l'Etat et son armée, fermera inéluctablement ses
portes. Même si le député Gosselin s'égosille à annoncer le contraire. "Pour l'instant", faut-il ajouter.
Et il n'est pas le seul à l'ouvrir dès qu'on évoque la fermeture du haras. Maire de Saint-Lô, conseils général
et régional, tous donnent du coup de menton dans le vide en psalmodiant ces trois vers:"Saint-Lô ville du cheval, Basse-normandie candidate aux jeux équestres mondiaux 2014, le haras ne peut
fermer". Hé hé hé, ils sont mignons! Si les élus ne veulent pas que le Haras mette la clef sous la porte, c'est surtout parce qu'il deviendrait alors véritablement le haras de Saint-Lô.
Pour l'instant il est à Saint Lô, mais c'est le haras de l'Etat. Si l'Etat s'en va, qui veut récupérer le gros lot? Personne.
La vérité, c'est qu'aujourd'hui le haras n'est véritablement pas le haras de Saint Lô: les saint lois
ne se le sont pas approprié. Le haras, il est loin, là haut, route de Paris, excentré. Et pourtant c'est un endroit magnifique. Sans doute le plus bel endroit de Saint Lô. Ah non, j'oubliais
la plage verte, le centre culturel et l'aéroport de la place de la Mairie. Chaque ville à son héritage architectural du passé qui fait sa renommée et son label: la place Stanislas à Nancy, les
quais du Grand Siècle à Bordeaux, le Beffroi à Lille... et tous ses lieux sont des lieux de vie, investis par les habitants. Il est clair qu'en matière d'héritage architectural du passé, à
Saint-Lô, c'est un peu mince. Alors il y a le haras. Qu'est-ce qu'on attend pour se l'approprier!? On ne sait même pas si on a le droit d'aller s'y étendre dans l'herbe les jours de beaux
temps! C'est quand même une perspective plus agréable que la plage verte avec sa vue sur la gare SNCF et le bruit et l'odeur des voitures qui passe devant, derrière et sur les côtés,
non?
Alors il faut imaginer un joli itinéraire identifié de promenade du centre ville jusqu'au haras, pourquoi pas
par la petite rue qui passe derrière les archives départementales. En voilà une bonne idée, non? Mais on nous répondra: "ah mais non, c'est pas possible, le haras national c'est pas nous, c'est
l'Etat, on ne peut rien faire". Alors, cessez de vous plaindre qu'il va fermer.
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