Politique

Lundi 24 novembre 2008

Ce n'est pas une simple question de sémantique. Le haras national n'est pas encore "de" Saint-Lô. Il se situe pour l'instant "à" Saint-Lô.


L'établissement saint lois du haras national, on ne sait pas s'il va fermer dans six mois, un an, trois ou cinq ans... mais ce qu'on pressent c'est que ce machin hérité d'un autre âge, à l'époque où la production de bons chevaux était cruciale à l'Etat et son armée, fermera inéluctablement ses portes. Même si le député Gosselin s'égosille à annoncer le contraire. "Pour l'instant", faut-il ajouter.

Et il n'est pas le seul à l'ouvrir dès qu'on évoque la fermeture du haras. Maire de Saint-Lô, conseils général et régional, tous donnent du coup de menton dans le vide en psalmodiant ces trois vers:"Saint-Lô ville du cheval, Basse-normandie candidate aux jeux équestres mondiaux 2014, le haras ne peut fermer". Hé hé hé, ils sont mignons! Si les élus ne veulent pas que le Haras mette la clef sous la porte, c'est surtout parce qu'il deviendrait alors véritablement le haras de Saint-Lô. Pour l'instant il est à Saint Lô, mais c'est le haras de l'Etat. Si l'Etat s'en va, qui veut récupérer le gros lot? Personne.


La vérité, c'est qu'aujourd'hui le haras n'est véritablement pas le haras de Saint Lô: les saint lois ne se le sont pas approprié. Le haras, il est loin, là haut, route de Paris, excentré. Et pourtant c'est un endroit magnifique. Sans doute le plus bel endroit de Saint Lô. Ah non, j'oubliais la plage verte, le centre culturel et l'aéroport de la place de la Mairie. Chaque ville à son héritage architectural du passé qui fait sa renommée et son label: la place Stanislas à Nancy, les quais du Grand Siècle à Bordeaux, le Beffroi à Lille... et tous ses lieux sont des lieux de vie, investis par les habitants. Il est clair qu'en matière d'héritage architectural du passé, à Saint-Lô, c'est un peu mince. Alors il y a le haras. Qu'est-ce qu'on attend pour se l'approprier!? On ne sait même pas si on a le droit d'aller s'y étendre dans l'herbe les jours de beaux temps! C'est quand même une perspective plus agréable que la plage verte avec sa vue sur la gare SNCF et le bruit et l'odeur des voitures qui passe devant, derrière et sur les côtés, non?




Alors il faut imaginer un joli itinéraire identifié de promenade du centre ville jusqu'au haras, pourquoi pas par la petite rue qui passe derrière les archives départementales. En voilà une bonne idée, non? Mais on nous répondra: "ah mais non, c'est pas possible, le haras national c'est pas nous, c'est l'Etat, on ne peut rien faire". Alors, cessez de vous plaindre qu'il va fermer.

Par AB
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Samedi 8 novembre 2008
Les antennes-relais de téléphonie mobile sont, peut-être, l'amiante ou le tabac des prochaines décennies. Aujourd'hui on n'en sait pas les effets sur la santé; dans 30 ans, il sera trop tard. "Allo? Le principe de précaution? On a besoin de vous en centre-ville de Saint-Lô".



Cet automne, la Poste a installé 60 salariés presque sous une antene-relais de téléphonie mobile. C'est le centre de tri numérique où travaillent donc 60 agents de la Poste. Il y a 7 centres de tri numérique en France, qui traitent les adresses incomplètes ou illisibles rédigées par nos contemporains dégénérescent; mais c'est un autre problème. Les trieurs numériques reçoivent une photo de l'enveloppe et tentent d'en déchiffrer l'adresse avant de l'y expédier pour de bon.
Ces agents travaillent quasiment sous cette antenne de téléphonie mobile. Il faut y ajouter, dans un rayon de moins de 300 mètres, les fonctionnaires de l'URSSAFF, de la mairie, du centre culturel, la MSA... Tout ce petit monde est il en danger? Il y a t'il un risque pour la santé? On évoque des cancers... Rien n'est sûr, aujourd'hui. Cela pourrait s'avérer demain. Au nom du principe de précaution, de plus en plus de scientifiques réclament la fin du "tout ondes partout tout le temps". Récemment un opérateur a été contraint par la justice de déplacer son antenne-relais, c'est une première. Pour ceux que ça intéresse, le sujet est à explorer sur ce site.
On aurait aimé entendre nos syndicalistes PTT sur ce sujet. Mais ils sont d'un autre âge, et ça fait longtemps qu'ils ne savent plus défendre les travailleurs. Quant à ceux qui doivent défendre les saint-lois...
Par AB
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Mercredi 5 novembre 2008
Blog is back.

On a déjà dit qu'on aimait Saint-Lô, nous, d'ailleurs on y vit, nous. On aime notamment l'architecture de la reconstruction. Ce bâti d'après-guerre est entrain de devenir, avec le temps, un patrimoine. Et, en tant que tel, le patrimoine, ça se préserve. Encore faut-il avoir conscience de cette "patrimonalisation" en cours et ne pas avoir des projets de court terme; ce qui est hélas nécessairement le cas de la plupart de nos élus complètement bridés par le temps électoral qui impose de rendre une copie parfaite à la fin du mandat, et aps au delà. Vous me suivez? Haussmann n'aurait pas pu moderniser et fait le Paris d'aujourd'hui sans l'appui de la durée du Second Empire car il traçait des avenues et démolissait tout sur son passage.

Donc bientôt ici: un immeuble-terrasse avec sa résidence des Hespérides pour  vieux, un prêt à porter branché-bon marché type H&M pour jeunes, un supermarché pour la moins de 50 ans et bien sûr, désormais marque de fabrique de l'urbanisme saint-lois du XXIème siècle, des ascenseurs!

Par Gratte-papier
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Vendredi 10 octobre 2008
Chouette! Une route en 2X2 voies - 110 km/h pour relier Saint-Lô à Coutances! Les intellos seront plus vite au festival de jazz sous les pommiers, les bobos seront plus vite à Coutainville, les prolos seront plus vite au village-vacance de Blainville, les contemplatifs seront plus vite au havre de Régneville... Tout le monde est d'accord, le développement commande des routes (1). Tout le monde est d'accord: il en faut, mais qu'elles passent loin de chez moi. Voilà à peu près les deux vérités solides dans ce dossier du contournement de Saint-Gilles. Pour le reste, voici notre analyse.

Qui dit vrai sur les chiffres?

    Cette route doit contourner le bourg de Saint Gilles. Faut-il passer au nord ou au sud? That is THE question. Il y a une semaine, le conseil général de la Manche a voté pour le tracé sud qui, au premier abord, défie "la logique et le bon sens" comme l'écrit La Manche Libre. Le tracé sud est plus long et plus coûteux de 5 M d'euros selon l'hebdomadaire qui s'appuye sur une interview de Erick Beaufils, vice-président du conseil génral chargé des routes du département.
    "Faux" (2), répond Gilles Quinquenel en 1ère ligne sur ce dossier car intéressé à plusieurs (trop?) titres (conseiller général du canton de Marigny, maire d'Hébécrevon, président de l'association de promotion du pays saint-lois, vice-pdt du Conseil général),
qui défend le tracé sud et conteste le surcoût de 5M d'euros. Certes, nous dit-il, il y a un surcoût pour le tracé sud par rapport à l'option Nord mais il n'est de l'ordre que de 1,5M d'euros, "car il faut prendre en compte les aménagements de la Terrette", si l'on doit franchir ce cours d'eau par le tracé Nord. Alors, tout modestes bloggeurs que nous sommes, qui n'avons jamais mis les pieds à une séance du conseil général, on s'interroge et on se dit "c'est des guignols ou quoi?". 1) Les deux vice-présidents ne disent pas le même chiffre 2) S'il disent le même chiffre, in fine, pourquoi le coût d'aménagement du passage de la Terrette n'est pas intégré dès le départ dans le chiffre global donné à la réflexion des conseillers généraux?
    Enfin, si le surcoût -diminué- demeure, "c'est sans compter les effets induits à venir en matière de développement économique" précise Gilles Quinquenel. On doit donc comprendre que le surcoût du tracé sud sera compensé par des retombées économiques futures. Franchement, on trouve cet argument bidon: les retombées économiques, il y en aurait eu aussi avec un contournement au nord.
    Quoiqu'il en soit, il n'y a pas que le coût direct, même "insuffisamment pris en compte" selon le conseiller général de Saint-Lô-Ouest François Brière, qui évoque lui aussi un coût inférieur de 5 M d'euros pour le contournement Nord ("cf délibération du Conseil général" nous écrit-il). Gilles Quinquenel défend une analyse multi-critère: les coûts indirects sur l'environnement et sur l'agriculture doivent entrer en ligne de compte. Environnement: au nord ou au sud, entre nous, l'environnement n'est pas moins exceptionnel ni moins précieux. Impact agricole: la chambre d'agriculture a rendu deux avis négatifs pour un contournement par le sud (en face d'un rapport favorable au sud, rendu par le cabinet Vertès, après une étude commandée par le conseil général, et donc financée par lui; on nous prend pour des pommes ou des poires?).
    En somme, si l'on doit expliquer le raisonnement de la majorité des élus qui a choisi le contournement par le sud de Saint Gilles: plus cher immédiatement, sur le papier, le tracé sud est en fait le meilleur choix en terme de coût/opportunité car le moins impactant, le plus porteur de développements ultérieurs...



Choix politique

"Je me suis abstenu au moment du vote car on nous a présenté au dernier moment une variante du tracé sud.
J'ai exprimé publiquement mon souhait de disposer de plus amples informations sur ce nouveau tracé, présenté comme atténuant les nuisances générées par le 1er tracé, afin de se prononcer en toute connaissance de cause, par exemple lors de la prochaine session de novembre/décembre". Voilà ce que nous écrit François Brière. Il rejoint presque mot pour mot le point de vue de Denis de Kergorlay, "dépositaire" du château de Canisy et ses propriétés agricoles, opposé au tracé sud: "les conseillers généraux ne font pas collectivement « n’importe quoi ». Mais ils ont pris leur décision sur des informations biaisées et incomplètes. A mon sens ils n’avaient pas les éléments d’appréciation et les éléments budgétaires pour se prononcer en connaissance de cause."
En résumé, on aurait "manipulé" (3) l'assemblée des élus du conseil général, on aurait entretenu le flou... pour les tromper. Certains, dans ces conditions, se sont abstenus.

Finalement, 1,5 M ou 5 M d'euros de plus ou de moins, on s'en fout, ça se vaut, ne soyons pas dupes, là n'est pas la question. On fait réfléchir des conseillers généraux le coût de la route, son impact sur l'environnement, sur l'agriculture, sur l'habitat... on leur demande une "analyse multi-critère", une décision résultant d'un subtil dosage... Rien du tout! Le fond des choses, c'est un choix politique: Saint-Lô, la ville centre, préfère le contournement sud. Or l'avis de François Digard, maire de Saint-Lô, ancien chef de l'UMP manchoise, est forcément prescripteur. On ne peut imaginer que le jeune et récent député de Saint-Lô, Philippe Gosselin, nouveau boss de l'UMP (tiens tiens...) s'oppose à François Digard. Oh, surprise!, Philippe Gosselin est aussi président de la communauté de commune de Marigny, également concernée par la question du contournement (épargnée par l'option sud)! Et puis on rappelle les différentes casquettes de Gilles Quinquenel:
conseiller général du canton de Marigny, maire d'Hébécrevon (ville qui déjà beaucoup donné à la 4 voies qui contourné Saint-Lô), président de l'association de promotion du pays saint-lois, vice-pdt du Conseil général. Ultime rappel: le conseil général est dirigé par un autre puissant UMP, JF Legrand. On ne peut imaginer que ces gens ne marchent pas ensemble. Et ils ne perdent pas le Nord. Car, la volonté politique est la suivante: développer les activités économiques plutôt dans la partie sud de Saint-Lô. Soit. Pourquoi pas. C'est un choix politique. Mais qu'on dise la vraie raison lorsqu'on propose le projet au vote des conseillers généraux; et qu'on arrête la tartufferie, "chers conseillers généraux, analysez bien quel est le meilleur choix de contournement, en fonction du coût, de l'impact sur l'environnement... blablabla..."

En face, quel choix politique? Celui de Denis de Kergorlay. "Ah oui, le chatelain de Canisy et son château... la route va passer pas loin... mais bon c'est fini les privilèges!" Puissant raisonnement! Denis de Kergorlay a lancé l'association de promotion et de sauvegarde du pays rural saint-lois, écho évident à l'autre association présidée par Gilles Quinquenel. Le choix politique de Kergorlay c'est de proposer un développement raisonné du pays saint lois: oui, Saint-Lô et sa périphérie s'urbanise et s'industrialise, mais qu'on ne le fasse pas n'importe comment. Canisy et son château sont un joyau dans un écrin rural et cet écrin doit demeurer rural; à défaut le diamant n'aura plus d'éclat. Avec le contournement par le sud de Saint Gilles, qui viendra donc vers Canisy, Denis de Kergorlay craint des ZI, des ZA, des ZAC et des sous-cités pavillonnaires cheap, moches et pas durables. Il y a plein d'autres joyaux autour de Saint-Lô à préserver d'une urbanisation effrenée et démesurée faite de faubourgs glauques. Saint-Lô, ville à la campagne, est également à choyer et à garder desserrée d'une ceinture urbaine.

Voilà le choix: pas plus ou moins 5M d'euros, plus ou moins long, plus ou moins Terette... mais à la mesure de l'environnement du pays saint-lois. Comment apprécier cette mesure? C'est bien là-dessus qu'il faudrait faire bosser les élus! C'est ce Nord politique qu'il ne faut pas perdre.


(1) Débat. Les alter-mondialistes diront "non, on peut faire autrement". C'est un choix politique, là encore. Hélas, le modèle économique dominant est le libéralisme, et c'est "développe-toi ou crève".  En attendant le Grand Soir, Camarade!

(2) Il sous-entend que la Manche Libre trompe l'opinion publique car elle est partiale: "L'objectivité de la Manche Libre reste à démontrer, on peut être responsable d'un organe de presse et propriétaires de terrains". Ce qui n'empêche pas non plus d'avoir une opinion indépendante de l'intérêt de son patrimoine, alors même que celle-là et celui-ci iraient dans le même sens.

(3) Gilles Quinquenel évoque lui aussi, de "nombreuses pressions" sur les élus pour le tracé nord, de la part de "personnalités influentes". On sait que Denis de Kergorlay tutoye les grands de ce monde, de France pour le moins.

(4) Ne nous ont pas répondu, Christine Lecoz et Etienne Viard, respectivement conseillers généraux de Saint-Lô Est et Canisy.
Par AB
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Lundi 6 octobre 2008
Faut qu'on nous explique.

François Digard, maire de Saint-Lô et président de la communauté de communes de l'agglomération saint loise (CCASL) souhaite que la gestion des équipements sportifs relève désormais de la CCASL. En clair ce ne serait plus les élus de Saint Lô, Agneaux, ou Pont Hébert qui décideraient la couleur des sièges de tribune et la hauteur de tonte de la pelouse du stade de foot municipal; ce serait donc l'intercommunalité qui détiendrait les budgets affectés aux équipements sportifs, préalablement transférés par les communes.
Argument de François Digard: 40% des licenciés sportifs sont saint lois, 20 % habitent les communes de la CCASL, 20% viennent d'encore plus loin. En clair: la ville de Saint-Lô paye pour les autres, ce sont les saint-lois qui régalent: "apporte juste tes crampons, c'est moi qui paye le ballon, les buts, la peinture pour les lignes et les drapeaux de corner". Argument louable de François Digard, il défend le portefeuille de ses administrés.



Mais, n'est-ce pas prendre le problème à l'envers? Si seulement 40% des licenciés utilisant les équipements sportifs de Saint Lô habitent effectivement à Saint Lô, ne faut-il pas en conclure que
:
- la population saint loise vieillit, il y a moins de jeunes?
- les gens quittent Saint-Lô, ou ne s'y installent pas car les impots sont trop élévés?
- les gens quittent Saint-Lô, ou ne s'y installent pas car la ville n'est pas suffisamment attractive?

Alors que les appartements vides sont légion en ville, que l'on se plaint du manque d'animation et de quelques grandes enseignes (furieuse tendance des saint-lois à désirer leur ville comme une grande-ville! Plutôt positif, non?)... il y a pas un truc à faire, là? Ramener des habitants en ville, en particulier dans le centre, plus de monde = plus de commerces et donc plus d'animation, et plus de monde = résolution de l'équation sur la gestion des équipements sportifs. "Tu voudrais pas t'installer à Saint-Lô? Comme ça, quand on aura rangé nos crampons on ira boire un verre en ville, plutôt que tu repartes illico à Marigny, Condé sur Vire ou Saint Jean de Daye."

Simpliste? On attend vos avis. Le débat est ouvert.
Par AB
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Vendredi 3 octobre 2008
Un festival "cultures urbaines" au Normandy à Saint-Lô!!?? On croit rêver. Rue du Normandy, aujourd'hui et demain, on trouvera des concerts de rap, slam, de la danse hip-hop, un débat public sur les cultures urbaines et bien sûr des types impotents qui boitent quand ils marchent, avec ou sans casquettes.

C'est la culture par les politiciens dans toute sa splendeur, envisagée sous l'angle permanent de la diversité. Une politique culturelle en apparence sans oeillères mais qui en vérité étouffe les aspirations à l'excellence. On ne peut pas être excellent partout, le meilleur n'est que spécialiste. Or, on ne cesse de dire "Saint-Lô ville pop, capitale française de la pop, Manchester française...". Et, pour ceux qui s'intéressent un peu à la scène musicale rock saint loise et son succès à l'export (programmation dans les festivals, à Paris, lauréats de tremplins...), il y a une réalité tangible sous cette appellation "ville pop". C'est le fruit de nombreuses années de programmation d"Ecran Sonique qui a éduqué un public, d'émulation adolescente et de création de groupe... bref tout ce qui fait un culture. JF Legrand, président du conseil général de la Manche en appelle sans cesse à faire de la Manche un territoire d'excellence, il y a aussi les pôles de compétitivité économique (la filière cheval par exemple en Basse Normandie et en articulier à Saint-Lô), pourquoi ne pas saisir cette excellence musicale pop, la soutenir vraiment et la brandir, en faire un produit emblématique de Saint-Lô, comme l'andouille de Vire et la moule de Barfleur?
Au lieu de ça on va s'éparpiller, tergiverser, jouer à la table ronde, saupoudrer budgétairement autour des pratiques des cultures urbaines en Basse Normandie.

Et puis, entre nous, "cultures urbaines", c'est quoi cette escroquerie de langage?! Aucun sens. Tout ce qui n'est pas culture urbaine est donc "campagne"!? Doux euphémisme que cet épithète "urbaine" qui signifie en fait "banlieue" dans son sens enclave-HLM-pauvreté-désoeuvrement-déliquescence du lien social... bref, la "cité"... puisque la culture hip-hop est né dans les ghettos des suburbs américain et qu'il proliféré en France, peu ou prou, sur le même terreau. Il est donc éminemment clair aux yeux de tous que Saint-Lô, ville à la campagne, ses célèbres banlieues chaudes Agneaux et Saint Georges Montcoq, ses cités où même la police ne rentre plus telle que le Val Saint Jean, colle parfaitement à la définition.

Saint Lô, ville hip-hop... le temps d'un week-end. Après le passage du quota culturel, retour à la normale. Les 17 et 18 octobre, énorme week-end rock, avec que des groupes inconnus du grand public, mais qui feront le plein, parce que Saint-Lô est une ville pop, avec un public éduqué, exigeant et fier d'entretenir son identité.
Par Gratte-papier
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Lundi 8 septembre 2008
Un médicament identique acheté dans quatre pharmacies saint loises en l'espace de quelques semaines. Comparatif et conclusion.

C*****, sirop digestif aux extraits naturels de plantes:
- pharmacie de la Dollée: 6,83 euros
- pharmacie d'Intermarché: 8,10 euros
- pharmacie des Remparts (ront point du 6 juin): 8,10 euros
- pharmacie de la Mairie (place De Gaulle): 9,55 euros

2,72 euros d'écart entre le plus cher et le moins cher! C'est énorme! 30% d'écart entre deux pharmacies pourtant pas si éloignées en distance: la Dollée est "à deux pas" du centre-ville. L'écart révèle surtout un important clivage social. Et ce n'est pas un ascenceur qui fera monter plus facilement les habitants de la Dollée en centre ville, ils préféreront toujours payer moins cher en bas. Ou autour: les pauvres* des quartiers HLM font leurs achats dans les centres commerciaux, pas en centre-ville.


Conclusion annexe: avec les opticiens, les pharmacies sont les commerces les plus rentables. Evidemment puisqu'ils sont sponsorisés par le système de santé.

*pas d'euphémisme à Saint-Lô Info
Par AB
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Vendredi 5 septembre 2008
Et ça commence par une coupe rase de la végétation à flanc de coteau, entre le boulevard de la Dollée et l'avenue de Verdun, derrière la salle Fernand Beaufils et la MSA.




L'ascenseur du Mont Russel... probablement que tout le monde l'appellera l'ascenseur de la Dollée, puisqu'il est censé permettre aux habitants de la Dollée de rejoindre plus confortablement le centre-ville. Coût 1,3 M d'euros, approuvé à l'unanimité du conseil municipal de Saint-Lô.



Ce nouvel équipement urbain pose plein de questions, éminemment politiques (santé, développement durable, choix budgétaire, urbanisme...), on y reviendra très vite, pressentant que les élus, à l'unanimité, se sont fourvoyés. "Lachez vos com'", comme disent les d'jeunes sur leurs skyblogs, vive le débat; ici, on ne le confisque pas.
Par AB
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Jeudi 28 août 2008
...et il pousse tout seul son charriot au supermarché! On n'invente rien c'est dans le Ouest-France.

    C'est François Brière qui l'avait dit publiquement lors du premier conseil municipal de la nouvelle majorité dont il s'était lui même amputé après avoir été "spolié", selon lui, du poste de 1er adjoint au profit de Ugo Paris. Vengeance, solde des comptes ou information des électeurs, le conseiller général de Saint-Lô Ouest avait alors balancé contre Ugo Paris. Notamment que celui-ci n'habite pas à Saint-Lô. On avait relevé, on n'avait pas pu vérifier. C'est chose faite dans cet article publié par Ouest-France samedi 23 aout, tiré d'une série consacrée aux vacances des élus. "La semaine dernière nous étions à la maison, à La Mancellière-sur-Vire" dit le 1er maire adjoint. Certainement, Ugo Paris est en règle avec le code électoral et a une adresse à Saint-Lô pour y être inscrit sur les listes électorales, voire y payer ses impôts; peut-être va-t-on jouer sur les mots, "à la maison" par opposition à un hypothétique appartement en centre ville, mais "à la maison", c'est "at home" en anglais, chez soi.
    On va encore dire qu'on en veut à Ugo Paris. Non! On pose des questions que personne ne pose. Le 1er maire-adjoint de Saint-Lô, pronostiqué de surcroît à la succession du maire actuel, peut-il habiter hors de la ville dont il assume une partie de la gestion? Est-ce sérieux, voire respectueux vis à vis des saint-lois? C'est plus sympa de vivre à la campagne loin des cubes de bétons?*

    Enfin, on nous permettra d'être cette fois-ci critique et non plus seulement interrogatif sur une autre phrase de l'interview de Ugo Paris.
"Je crois que c'est important pour un élu que d'être « dans la vraie vie » [...] je pousse mon chariot au supermarché". Euh... comme 99% des ménages, non? A part les ministres, les très riches, les très importants, les très occupés, les très haut placés, l'usage des domestiques est assez peu répandu de nos jours! Là, Ugo Paris nous fait une petite opération "regardez, électeurs, je suis comme vous, je ne suis pas coupé de votre réalité (la pièce qu'on a jamais pour prendre un caddie, la roue du caddie qui coince, les packs de lait trop lourds, la carte fidélité pour gagner des points de réduction...), votez pour moi en confiance": il a raison de souligner cette proximité, mais il n'est pas obligé d'enfoncer des portes ouvertes!

*au passage, à Saint-Lô Info, on trouve beaucoup de charme à l'architecture de la reconstruction, aujourd'hui patinée; on y reviendra.
Par AB
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Dimanche 10 août 2008
... sauf si la décision d'autoriser la création de cet Espace Culturel fait l'objet d'un appel devant le Conseil d'Etat. Sinon, 750 m² d'espace culturel vont bientôt voir le jour dans la galerie marchande du centre Leclerc d'Agneaux. C'est Planet R qui va pas être content! Et nous, consommateurs de biens culturels, le serons-nous?





1) La décision

La création de certains commerces doit recevoir le feu vert d'une commission départementale d'équipement commercial (composée des élus locaux concernés et représentants du tissu économique local). C'est tout bête, il faut plus de oui que de non. Or le projet de création d'un "Espace culturel" au centre Leclerc d'Agneaux avait été refusé par 5 non contre 1 oui par la CDEC de la Manche en décembre 2007. Le demandeur (M. Guerton, proprio du Leclerc) a fait appel de cette décision devant l'instance supérieure, la commission nationale d'équipement commercial; qui lui a dit oui le 10 juin dernier. M Guerton est donc content, mais les autres qui avait dit non en décembre ne le sont sans doute pas et, à leur tour, ils ont deux mois pour faire appel de cette nouvelle décision, cette fois-ci devant le Conseil d'Etat, qui tranchera à nouveau.


2) Commentaire de la décision
    On peut s'étonner qu'une demande ayant reçu une décision défavorable si radicale en décembre (5 non, 1 oui), de surcroît émanant d'une commission composée de représentant locaux (donc connaissant bien la situation sur le terrain), reçoive 6 mois plus tard une décision non seulement favorable mais en plus prise par des gens qui ne connaissent, eux, la réalité du terrain qu'à travers un dossier en papier. Mais nous n'avons pas les noms des membres de la commission départementale, dommage, le sens de leur vote pouvant avoir des explications "intéressées".
    Nous n'avons pas le texte de la décision, re-dommage. La commission nationale a pu considérer une situation de quasi-monopole de Planet R sur la région de Saint-Lô en matière de biens culturels, ce qui aurait motivé la décision d'apporter 750 m² de concurrence. Tout ça sur fond de gué-guerre de supermarchés, Planet R et Intermarché appartenant à la même famille (Lesot). L'argument de la défense du commerce de centre-ville ne pouvait durer qu'un temps lorsqu'on a soi-même une grande surface en périphérie.


3) Discussion

Un "Espace culturel" Leclerc, c'est du Planet R allégé, du Fnac light. Là, on met le doigt dans un débat très vaste et très intéressant. La culture en supermarché = culture au rabais (qualité), ou bien = culture plus accessible (prix)? Michel-Edouard Leclerc, patron singulier, s'explique sur son blog ici et .

- les disques, les films, voire les livres moins chers, c'est bien, a fortiori avec un pouvoir d'achat en baisse. Les majors et les artistes ont de la marge: ils enlèveront 1 ou 2 mètres à leur yacht, 100 m² à leur villa et un ou deux diamants à leurs bagues.

- revers de la médaille, constaté par exemple à l'Espace culturel Leclerc de Granville: le choix est plus restreint, on tourne autour du plus grand dénominateur commun, rarement gage de qualité.
    Mais, premièrement, il faut considérer que c'est un premier pas à l'éducation culturelle: on commence par de la variété médiocre achetée chez Leclerc, ensuite on écoute de la bonne variété découverte sur myspace et commandée sur le net, enfin on devient un ayatollah qui clame que "en dehors du jazz-funk-new-wave période 1982-1985, tout le reste, c'est de la merde". Bref, il y a la de place pour tout le monde, il y aura toujours un disquaire plus spécialisé que l'Espace culturel; et ce sera plus cher, mais c'est le prix de la qualité, confinant à la passion, comme une Audi est plus chère qu'une Renault.
    Deuxièmement, ça va justement pousser les indépendants comme Planet R, à affiner son offre, "éditorialiser" ses bacs, proposer une politique culturelle face à un simple espace culturel. En somme, un retour au disquaire d'avant FNAC et Internet, le disquaire de son quartier dont on disait en lançant le 33 tour: "écoute mon vieux, mon petit disquaire en bas de chez moi est super, il m'a trouvé ce disque que je ne connaissais pas, écoute, c'est un bijoux!".
    Enfin, ça va aussi secouer Planet R, ce qui n'est pas une mauvaise chose car, selon certains habitués du rayon musique, les délais (trop longs) et les prix (augmentés) pour les commandes particulières de disques, ça commençait à bien faire.

Et vous, que pensez-vous de l'arrivée d'un Espace Culturel Leclerc dans l'agglomération saint loise? Donnez vos avis, on publiera.

NB: en passant, Saint-Lô Info donne cette information en primeur.
Par Gratte-papier
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